Petite réflexion sur l'enfance (Partie 2).

 

 

 

Voici la suite de mon article paru le mois dernier où je présentais quelques faits sur l'histoire de l'éducation et de l'école. Vous pouvez trouver l'article ici si vous l'avez manqué! 

 

Dans cette deuxième partie, je présente quelques besoins que je juge essentiels pour les enfants et qui sautent parfois moins aux yeux que les besoins de base (logis, sécurité, nourriture, amour). On verra que l'école n'offre pas un contexte idéal pour une grande majorité d'enfants.

 

Malgré tout, je crois que l'idéal demeurera toujours d'utiliser son sens de l'observation afin de voir quand notre enfant est le plus heureux et d'aussi lui demander ce dont il a besoin dans la vie (quand il est assez grand pour le dire!).

 

 

Les besoins des enfants

 

Si on faisait ensemble une petite compilation des besoins des enfants et des humains en général? Voici que ça donne, de mon côté. Outre l'amour, la sécurité physique et émotionnelle, voici les autres besoins fondamentaux des enfants.

 

 

1. Les enfants ont besoin de temps.

 

Ils ont besoin de temps libre, et libre de contraintes. Ça veut dire quoi ça, au juste? Du temps pour jouer, du temps à ne rien faire, pour s'ennuyer un peu et développer leur créativité. Cette créativité n'apparaît pas toujours lorsqu'on trop "pressés" ou si on a qu'un peu de temps pour soi.

 

Quand on a un horaire hyper rempli et qu'on se dépêche sans arrêt les matins et les soirs, notre notion du temps peut parfois devenir floue. Je crois donc que pour un enfant, avoir ASSEZ de temps signifie de pouvoir mener à terme ses jeux plusieurs fois par semaine, de pouvoir jouer souvent de façon non structurée et dans des contextes différents et d'avoir le temps de se demander quoi faire au moins quelques fois par semaine. Si l'horaire est tellement rempli que votre enfant ne met pas le nez dehors de la fin de semaine, c'est que c'est sûrement trop.

 

 

 

2. Les enfants ont besoin de bienveillance.

 

La bienveillance c'est une « disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui » (Larousse).

 

À l'école, même si la grande majorité des enseignants sont bienveillants envers leurs petits élèves, il y a en place un système qui ne favorise pas les besoins des enfants. Que ce soit des temps de récréation insuffisants ou un manque d'accès à la nature (ou tout simplement à l'extérieur), le système dans sa forme actuelle ne sait pas répondre aux besoins physiques des enfants. Je dirais la même chose de l'indulgence... Ce n'est pas indulgent de devoir médicamenter un si grand nombre d'enfants afin qu'ils puissent rester assis, apprendre de force et « fonctionner » dans le système. C'est clairement l'échec de tout un système et non de l'enfant lui-même.

 

 

 

3. Les enfants ont besoin de jouer.

 

Encore une fois, jouer. Jouer librement, jouer beaucoup, jouer avec des enfants de tous âges, jouer pour apprendre et apprendre pour jouer.

 

 

 

 

4. Les enfants ont besoin d'apprendre par eux-mêmes.

 

«  Les enfants n'ont pas besoin de plus de scolarisation. Ils ont besoin de moins de scolarisation et de plus de liberté. Ils ont aussi besoin d'environnements sécuritaires dans lesquels ils peuvent jouer et explorer, et ils ont besoin d'avoir accès aux outils, idées et personnes qui peuvent les aider et les soutenir dans les voies qu'ils auront choisis »

(Peter Gray, Free to Learn, traduction libre).

 

 

 

5. Les enfants ont besoin qu'on leur fasse confiance

 

Notre système éducatif est basé sur la peur. Dès les premiers mois de la vie d'un enfant, les parents se font dire de laisser pleurer, de ne pas trop le prendre, de faire garder, de le coucher dans son lit et dans sa chambre... Pourquoi? Car on a peur que l'enfant nous manipule, nous pousse hors de nos limites, en d'autres mots qu'il profite de nous! Quand notre bambin a 2 ou 3 ans, on entend qu'il ne faut pas le laisser faire des crises et qu'il faut tout de suite lui montrer qui est le « patron ». Cette relation dominant-dominé prend toute son ampleur à l'école, qui fonctionne par punitions et récompenses dans un but de forcer l'enfant à faire ce qu'on attend de lui.

 

Pourtant, dès le début de sa vie, un enfant a besoin qu'on ait confiance en lui. Il faut le laisser faire ses expériences, ses découvertes. Se salir en mangeant. Monter dans la glissade du parc. Essayer de verser son breuvage lui-même dans son verre. Tenter de s'habiller tout seul. Vous voyez? Ça veut aussi dire de le laisser se tromper. Se fâcher. Pleurer, même quand on ne comprend pas exactement pourquoi. Dès le début de sa vie et pour les années qui suivent, l'accompagner là-dedans en le prenant dans nos bras et en lui faisant CONFIANCE qu'il n'a pas de mauvaises intentions.

 

 

 

 

Conclusion

 

Je propose donc qu'on revienne au début et qu'on se demande si on connaît réellement les enfants? Avons-nous fait fausse route, à quelque part? Pourquoi tant d'anxiété, de problèmes de littératie, de médications et de dépendance aux écrans chez nos enfants? Où avons-nous fait fausse route? Comment faire pour voir plus de bonheur chez les enfants et pour instiller plus de bienveillance chez nous, adultes?

 

Selon moi, la réponse se trouve dans notre conception de l'enfance et dans le rôle que nous tentons de leur imposer. Notre rythme de vie, souvent effréné, contribue également à cette perte de l'enfance au détriment d'une structure trop précise et rigide afin que l'enfant « réussisse » dans la vie et se développe efficacement et rapidement.

 

Je souhaite donc voir un retour aux "sources" de l'enfance et un mode de vie où on prend le temps de vivre chaque étape dans la bienveillance, avec nos enfants.

 

 

Share on Facebook
Please reload

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now