Jour 9: Les apprentissages "cachés"

 

Ce matin nous sommes allés faire couper les cheveux du petit et ensuite on est allé à la bibliothèque. Après le dîner, ma grande a écouté un de ses livre-disque préféré, un de ceux faits par Gilles Vigneault, dans la salle de jeux pour faire un "repos". C'est à ce moment-là que la neige a commencée, à gros flocons. Une belle surprise pour nous, qui ne nous attendions pas à cette bordée blanche aujourd'hui.

 

Ma grande et moi avions décidé ensemble qu'après son disque on continuerait de faire son kiosque pour l'Expo-sciences qui est dans deux semaines et qu'on pratiquerait notre guitare. Par contre, dès qu'elle a vu la neige dehors, elle m'a dit qu'elle voulait y aller. Bien sûr, je la comprends. La toute première neige de la saison!!! Mais pourtant, ça n'a pas été ma réaction. Je lui ai demandé si ce n'était pas possible de faire le plan qu'on avait décidé à la place d'aller dehors. Lorsqu'elle allait me répondre, le petit s'est mis à pleurer, réveillé fort probablement pas un cauchemar. Je suis allé le voir et j'ai passé quelques minutes à le bercer. À mon retour ma grande était toute habillée, aussi chaudement qu'elle avait pu, avec les choses d'hiver qu'elle avait pu trouver, et était sur notre grande terrasse en-arrière, juste de l'autre côté de la porte-patio.

 

Ma première réaction fut d'être déçue que le plan ne se déroule pas comme "prévu". Je me suis mise à penser à toutes les choses qu'on avait à faire, à apprendre, et qui figurent dans notre projet d'apprentissages. Je me sentais découragée face à toutes ces choses que j'aimerais faire avec elle mais qu'on ne trouve pas souvent le temps de faire! À vrai dire, une partie de moi se sentait grandement frustrée et confuse. Je me demandais comment on réussirait à accomplir tous nos objectifs?!?

 

C'est à ce moment-là que j'ai déposé le livre (que je tentais de lire si bien que mal) sur la table et que mon regard s'est posé sur ma fille, dehors. Je l'ai regardé. Je l'ai observé dans ses jeux dans la neige. Je la voyais excitée, motivée et déterminée à profiter de cette première neige et à saisir l'instant présent. Et c'est là que j'ai sentie les larmes se former dans mes yeux... J'étais émue de la voir ainsi, et j'ai réalisé la grande erreur que j'avais failli faire. J'ai constaté que ce moment tout spécial elle se devait de le passer dehors, juste comme ça, tout simplement. Voilà qui constituait un très bel apprentissage pour elle. Elle savait ce qu'elle voulait et ce qu'elle avait besoin de faire pour y arriver. Elle était en train de pelleter la neige avec sa pelle et semblait complètement heureuse. Pourquoi exactement aurais-je voulu l'empêcher de vivre cela? 

 

C'est dans ce genre de situation qu'on voit très clairement à quel point nos objectifs rationnels d'adultes ont d'l'air fous parfois! Il y a des apprentissages qui sont faciles à noter, à évaluer et à calculer... et on a tendance à vouloir faire ce genre d'activités pour montrer ce que nos enfants sont capables d'accomplir. Et il y a les apprentissages cachés, ceux qui sont difficiles à mesurer... mais qui parlent d'eux-mêmes si on est ouverts et en mesure d'en voir toute la subtilité.

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