Quelques pistes pour prévenir l'anxiété chez les enfants

Trouvez-vous, vous aussi, que l'anxiété est partout? Et trouvez-vous ça un peu choquant que ce soit normalisé et même accepté comme faisant partie intégrante de la vie de tout le monde, même de celle de nos enfants? Il est vrai qu'un peu de stress est nécessaire dans la vie et même qu'on ne peut vivre sans lui... mais ce n'est pas le cas de l'anxiété!

 

L'anxiété et les problèmes y étant rattachés sont de plus en plus fréquents, même chez les enfants et les tout-petits. Oui, on peut toujours se tourner vers des méthodes pharmaceutiques ou drastiques mais, par cet article, je veux attirer votre attention à ce qu'il y a de plus simple et de plus naturel: s'attaquer aux causes de l'anxiété et essayer de prévenir.

 

 

 

Un peu de définitions

 

L'anxiété, contrairement au stress, n'est pas un état ou une sensation nécessaire dans la vie. Même s'il est très fréquent qu'une personne vivra au moins un épisode d'anxiété à un moment de sa vie, ce n'est pas à prendre à la légère.

 

 

Le stress

L'anxiété "normale", qu'on peut aussi appeler "stress", survient quand on redoute un événement qui comporte le risque d'être désagréable, ou pénible. Par exemple un exposé oral ou une visite chez le dentiste. On peut aussi vivre du stress lorsqu'on est coincés dans la circulation, qu'on doit annoncer une mauvaise nouvelle à quelqu'un, etc.

 

 

L'anxiété

L'anxiété devient plus "problématique" lorsqu'on perçoit un stress qui n'est pas réel ou qu'on ressent une menace alors qu'il n'y en a pas. Par exemple, si on a souvent peur de faire un accident de voiture, ou si on refuse de faire une sortie sociale qui normalement nous enthousiasmerait.

 

Selon l'Institut en santé mentale de Montréal, l'anxiété c'est lorsque ce sentiment de menace «persiste sans raison apparente et qu’elle cause certains problèmes dans le fonctionnement de l’individu ». Aussi, si l'anxiété devient intense, souffrante, fréquente et que l'individu ressent de la détresse par rapport à celle-ci, il se peut alors qu'il s'agisse d'anxiété "pathologique".

 

En résumé, il est tout à fait normal qu'un enfant soit stressé parce qu'il a une compétition sportive, un concert ou un exposé oral. Par contre, des sentiments anxieux quotidiens et qui deviennent envahissants dans la vie d'un enfant sont de petits drapeaux rouges à regarder plus en détails.

 

Pour certains enfants, le simple fait d'aller à la garderie ou à l'école est une source de stress ou d'anxiété et mérite de s'y attarder.

 

 

 

Comment prévenir l'anxiété?

 

On peut créer un contexte, un environnement et des dispositions dans la vie de nos enfants afin de diminuer les chances qu'ils développent de l'anxiété. Ces pistes ne garantissent pas l'apparition de symptômes anxieux chez les enfants mais aident à construire autour d'eux une petite forteresse pour les protéger et à instiller en eux des outils pour qu'ils sachent reconnaître leurs émotions plus tard dans leur vie.

 

Comme parents, on a une responsabilité immense par rapport au bien-être émotionnel de nos petits. Même si les autres adultes significatifs dans la vie de nos enfants ont aussi leur rôle à jouer, nous, parents, avons le rôle principal. On peut agir de nombreuses façons pour mettre en place des barrières et des limites autour de nos enfants (la forteresse) et pour les aider à développer des façons de se protéger contre les stimuli et les stresses (le coffre à outils).

 

 

 

La petite forteresse

 

Les gardiens de la forteresse ce sont nous, les parents.

 

Dans cette forteresse, il y a du calme. On limite la stimulation excessive et non nécessaire, tel que la télévision, les écrans, les jeux hyper stimulants où l'enfant n'a qu'un rôle passif, etc. On diminue les bruits sorts et les lumières scintillantes inutiles.

 

Dans cette forteresse il y a de la bienveillance, de l'amour, du respect, de l'écoute et des bons soins.

 

Il y a ensuite des rituels et des routines. Par exemple, des heures de repas en famille tous les jours (au moins un!). Des moments de sieste ou de repos, des routines pour le dodo du soir, et des moments sacrés avec  les gardiens de la forteresse (nous)!

 

En tant que gardiens de cette forteresse, c'est à nous de décider ce qui y entre. On doit donc prendre ce rôle au sérieux en limitant les gens qui ne seront pas bienveillants, les amis qui n'apportent rien de positif, ou les activités stressantes pour notre enfant. En effet, en tant que gardiens de la forteresse, on a aussi notre mot à dire sur le choix des activités et la quantité de celles-ci, car on veut favoriser un horaire où nos enfants ont du temps pour être libres et jouer. Ce temps libre où ils peuvent faire ce qu'ils veulent et improviser sans contraintes est essentiel pour la gestion de leurs émotions. Par le jeu, un enfant va extérioriser ses craintes, revivre ses émotions, régler des "crises" internes et développer son imagination (ce qui l'aidera avec la résolution de problèmes).  

 

Cette forteresse, elle doit être remplie de

 

pour le bien-être et l'épanouissement de nos enfants.

 

La forteresse est donc tout autour des enfants. Regardons maintenant leur coffre à outils, c'est-à-dire ce qu'il y a en eux... leurs moyens personnels pour faire face à la vie!

 

 

 

Le coffre à outils

 

En tant que parents, c'est encore à nous de guider nos enfants et leur montrer comment bien garnir leur coffre à outils. Un peu comme on les aide à faire des crêpes ou un gâteau pour la première fois. On leur montre les ingrédients qu'ils doivent utiliser et comment ils doivent les utiliser. On leur montre aussi quel matériel est à leur disposition. Il y a même des outils et instruments qu'ils ne pourront pas utiliser tous seuls et qu'on devra utiliser pour eux.

 

 

1. L'autorégulation et l'attachement

 

Un des éléments importants de ce coffre à outils est la capacité à autoréguler les émotions. Le jeune enfant n'a pas encore cette capacité à autoréguler ses émotions, donc à gérer ses émotions lui-même. Un bébé naît avec un cerveau développé à environ 25% de ce qu'il sera à l'âge adulte. Une des régions du cerveau qui reste le plus à se développer est justement celle qui s'occupe de l'autorégulation. Les enfants ne sont pas capables d'autoréguler leurs émotions avant l'âge de 4 ou 5 ans, parfois plus tard.    

 

Une des meilleures manières d'aider ou de favoriser le développement de l'autorégulation chez notre enfant et d'avoir une relation d'attachement positif. Cela se fait beaucoup par l'affection, l'amour, le toucher.  En effet, selon le Dr. Stuart Shanker, « la stimulation tactile que reçoit le bébé quand vous le tenez ou le cajolez libère des hormones neurologiques qui ont un effet extrêmement calmant; votre voix, vos yeux pétillants, votre sourire lorsque vous le bercez doucement ou un peu moins doucement si votre bébé a besoin d’être calmé, avec tout cela, vous êtes en train de jeter les assises d’une bonne autorégulation ». C'est donc nous, parents, par nos bons soins et notre parentage de proximité qui aidons nos petits à se développer correctement et sainement.

 

L'autorégulation est en quelque sorte son monologue intérieur. L'autorégulation se développe aussi beaucoup grâce au jeu et au "monde imaginaire" de l'enfant.

 

On peut donc aider en étant une présence positive et réconfortante et en laissant l'enfant jouer librement, entre autres.

 

 

2. Apaisement et réconfort

 

Le deuxième élément dans ce coffre à outils est l'apaisement (soothing). Là encore, on aide notre enfant à ce qu'il développe des moyens pour s'apaiser et se réconforter et ainsi mieux gérer les situations stressantes plus tard dans sa vie. Utiliser ces méthodes souvent aide à gérer les petits et grands stress de la vie!

 

Voici quelques exemples d'activités calmantes pour s'apaiser:

La respiration, la méditation, la pleine conscience;

Le yoga;

L'activité physique;

Du temps calme, seul, tranquille;

Partager nos émotions et nos craintes, parler;

Être créatif, faire de l'art;

Jouer de la musique (pas besoin de cours);

Câliner et se faire câliner par maman ou papa;

Bien se nourrir;

Se reposer, dormir suffisamment;

Etc.

 

Lorsqu'un enfant est guidé et qu'on lui montre certaines de ces activités calmantes, il développe des habitudes saines pour gérer son stress.

 

 

3. La conscience de soi

 

Dans son coffre à outils, on veut que notre enfant développe une conscience de soi (introspection). Croyez-moi, bon nombre d'adultes n'ont pas pu développer cette habileté et cela cause de grands problèmes dans la vie. Par exemple, un manque d'introspection nous empêche de voir la cause de nos difficultés et nous pousse parfois à blâmer tout ce qui est hors de notre contrôle!

 

On peut accompagner notre enfant en l'aidant à remarquer et à prendre conscience de comment il se sent. Attention, car pour de jeunes enfants, il est très difficile de comprendre ce qu'est le stress. En insistant trop sur le fait qu'on pense qu'ils sont stressés on peut créer davantage de problèmes! Il s'agit plutôt de les aider à remarquer comment ils se sentent quand ils sont calmes et reposés comparativement à quand ils se sentent fatigués, éparpillés, ou distraits.

 

 

 

4. La connexité avec nous

 

Le dernier élément important de ce coffre à outils est la connexité avec un parent. Les petits doivent pouvoir compter sur une personne constante dans leur vie qui leur apportera stabilité, réconfort et soutien. Cette connexité leur permet de faire face à l'adversité dans leur enfance et tout au long de leur vie en leur procurant de la confiance en eux et le sentiment qu'ils sont aimés inconditionnellement.

 

Un enfant qui se fait aimé de façon inconditionnelle se donnera le même amour et sera plus enclin à se respecter et à écouter ses limites personnelles.

 

 

 

En résumé

 

Il y a en premier lieu la forteresse (l'environnement direct de l'enfant):

On doit y exercer un certain contrôle sur ce qui s'y passe, et comment.

 

Deuxièmement, il y a le coffre à outils (l'enfant à l'intérieur) qui comprend:

-Autorégulation et attachement

-Apaisement et réconfort

-Conscience de soi

-Connexité avec le parent

 

 

 

Conclusion

 

Bien connaître notre enfant

Étant donné que c'est si difficile pour de jeunes enfants de gérer leurs émotions, on doit les aider, les accueillir dans leurs défis. Nous devons bien observer et connaître nos enfants afin de savoir quand une activité ou une situation devient trop stressante pour eux. Par exemple, des bruits forts et une lumière vive peuvent être trop stimulants pour certains enfants, alors que pour d'autres ce sera d'être entourés par plein de gens ou de ne pas avoir suffisamment dormi.  Une fois qu'on connaît bien notre enfant on peut lui fournir les outils nécessaires et protéger leur forteresse.

 

 

Finalement, notre amour inconditionnel et notre présence aideront nos enfants à ressentir qu'on va les aimer peu importe leurs comportements ou leurs résultats à l'école et ça, va avoir un immense impact sur leur santé émotionnelle tout au long de leur vie!

 

 

 

 

 

Sources:

 

Dr Stuart Shanker, Calme, alerte et heureux, http://www.edu.gov.on.ca/gardedenfants/ShankerFr.pdf.

 

Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants, http://www.enfant-encyclopedie.com/programmes-prescolaires/selon-experts/ecole-prescolaire-et-aptitudes-liees-lapprentissage.

 

TAAl'école, https://www.taalecole.ca/lautoregulation.

 

Dr. Edward M. Hallowell, L'enfance du bonheur. Aider les enfants à intégrer la joie dans leur vie, Les Édition de l'Homme.

 

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